Chers CdP,

Merci encore à vous tous, pour vos participations de ces derniers jours que j’imagine nous introduisent au cœur du débat. Il est bon de rappeler que vaut mieux tard que jamais qu’il nous reste plus beaucoup de temps. Mais à ce stade nous nous devons  à la lumière des échanges au cours desquelles vos différentes  contributions qui nous parvenons, que du reste nous avons trouvées consistantes. Nous vous suggérons d’en faire une brève et partielle synthèse.

Presque toutes les interventions  ont  abondé dans le sens de reconnaitre l’importance et le bien fondé des études sur la sécurité semencière pour permettre  de formuler une bonne réponse aux situations de crises connus dans notre région du Sahel, qui exigent des actions très rapides aux situations des crises  qui sont souvent soudaines.

Mais,  nous n’avons pas encore tous la même perception de la meilleure façon dont aurait pu être conduites ces études sur la sécurité semencière  pour la  période sous revue et l’utilité de l’exercice pour améliorer nos pratiques futures pour nous assurer des réponses adéquates en aides semencières aux catastrophes.

Certains sujets de fonds qui ont étés abordés lors de nos discussions méritent d’être soulignées, il s’agit :

1.        La prise en compte de la question des ressources financières  qui doivent être disponibles à temps afin de permettre la conduite de ces études à priori pour formuler des réponses plus adaptées et qui servent vraiment. Cette question des ressources est réelle nous pouvons également l’aborder dans ce sens : c’est déjà le cas de ce projet qui appui les pays à le faire des Etudes sur la sécurité semencières (ESS), mais nous devons nous mobiliser davantage en impliquant tous les autres acteurs humanitaires, même l’Etat  et les bailleurs de fonds pour changer de comportement. Cela va conduire à une utilisation efficiente des ressources, éviter les gaspillages et  cela permettra de  les rendre disponibles pour la conduite des études  rapides de qualité qui impliquent une communauté des pratiques qui évoluent ensemble dans la même direction pour des réponses plus appropriées, coordonnées et efficaces.

 

2.        S’assurer d’un savoir-faire suffisant dans les pays pour conduire de la meilleure façon possible ces études dans les pays, la FAO a été citée comme agence technique à même de conduite  et de superviser ce travail. Bien plus que la FAO elle seule, à travers ce projet voudrait mobiliser l’ensemble des acteurs humanitaires, des institutions étatiques et même les privés à s’approprier de ce savoir-faire dans les pays à travers la communauté des pratiques pour changer de comportement. Les ressources qui peuvent être disponibles, seront mieux orientées pour améliorer les réponses, s’il y a une meilleure connaissance du fonctionnement des systèmes semenciers. Cette meilleure connaissance passe par une meilleure pratique des ESS.

 

3.        La meilleure connaissance des systèmes semenciers passe par ces études qui posent les 5 questions cruciales suivantes ?

Q1 Il y a- il disponibilité? Y a-t-il des semences à proximité de l'endroit où elles sont nécessaires, en quantité suffisante et au bon moment pour le semis? Plus spécifiquement les ménages agricoles disposent-t-ils des semences en quantités suffisantes, au bon endroit et au bon moment ?

Q2 Même si les semences sont disponibles, est-ce qu’elles sont accessibles physiquement et économiquement ? Les agriculteurs sont-ils en mesure d'acquérir les semences à un coût raisonnable, soit en payant  comptant, par  troc, à crédit ou à travers le réseau social. Cela exige que l'agriculteur soit au courant de la disponibilité de la semence (ce qui implique également une certaine capacité à identifier les variétés)

Q3 Aptitude variétale

Est-ce que les variétés de cultures pour lesquelles des semences sont disponible sont-elles appropriées aux besoins des agriculteurs ? Sont-elles  adaptées aux conditions agrologiques? Sont-elles identifiables par l'agriculteur ?  Répondent-t-elle aux préférences des agriculteurs (la qualité gustative des produits alimentaires ou propretés organoleptiques)

 

Q4 Qu’est qui peut garantir à l’agriculteur d’avoir une bonne récolte ?  C’est une qualité raisonnable : la germination, pureté et l'état sanitaire. Il est  peut être difficile de distinguer de l’aptitude  variétale pour un agriculteur. Par contre, il est facile de voir si la graine est propre, exempt de matière inerte, des attaques d’insectes, que les graines sont relativement uniforme, la taille des graines est petite ou grande. Toutefois, les taux de germination ne sont pas visibles jusqu'à ce que la graine soit plantée. La qualité des semences.

Q5. Système de semencier (formel et informel), qui permet aux agriculteurs de produire ou d’acquérir des semences est-il  capable de résister aux chocs et de récupérer ?  Quels sont les différentes  sources disponibles aux agriculteurs pour répondre à leurs besoins pendant les périodes d'urgence et après ? C’est la résilience. Pour garantir la disponibilité de manière durable, l’accès, le choix et l'utilisation des bons types de semences, d'autres facteurs sont nécessaires, tels que les politiques et les règlements de soutien en combinaison avec une forte volonté politique et le leadership national. Cela implique des relations de complémentarité entre les secteurs semenciers formels et informels.

La réponse  à ces questions nous permettrons de mieux documenter la situation la sécurité semencière, cette approche intégrant ces 5 considérations nous a  introduits dans le nouveau cadre conceptuel de la sécurité semencière. Cette démarche, nous permettra de prendre la mesure des actions à prendre à court, moyen et long terme pour répondre à la situation d’insécurité semencière consécutive à une crise donnée et déclarée.

Nous devons commencer à parler du cadre conceptuel comme approche multidimensionnelle pour mieux cerner la sécurité semencière, nous devons beaucoup construire le savoir-faire de la communauté de pratique là-dessus qui doit s’appliquer aussi bien sur le système formel qu’informel pour une meilleure connaissance des systèmes semenciers afin de formuler des réponses adéquates que nous venons d’introduire par ces 5 questions.

4.        Effectivement, lors de la revue, nous nous sommes focalisés sur les ESS conduites au Burkina, nous pensons qu’il y a une place aussi pour partager les efforts déployés par l’Etat et ses partenaires financiers dont la FAO pour appuyer mieux structurer la filière semencière. Cela a été aussi mentionné par le Niger. Nous l’avions fait, mais  peut-être cela n’est bien ressorti. Nous devions alors travailler ensemble pour remédier à cela dans la version finale de la révue avec vos contributions respectives.  D’autres parts, il est aussi intéressant de regarder aussi l’impact de ces interventions pour s’assurer de la résilience et la durabilité c’est vraiment important qu’on en discute encore. Comme dit précédemment nous devons adopter une approche qui nous permette de mieux comprendre les systèmes semenciers, tout le système, aussi bien formel qu’informel pour mieux utiliser les ESS en exploitant le cadre conceptuel de la sécurité semencière.

 

5.        De même au Tchad, on a parlé des certaines lacunes, une étude en matières des sources de semences qui n’auraient pas été documentées suffisanment. Les seules sources que nous avons utilisées étant l’unique  ESS que la FAO a conduit avec OXFAM, il y a également là pour les prochaines opportunités de combler cette lacune en conduisant les études qui soient inclusives qui impliquent le plus grand nombre d’acteurs qui interviennent dans l’aide semencière. C’est le sens que nous donnons à cette communauté des pratiques de la sécurité semencière qui permettra de mutualiser la connaissance, les informations pertinentes et les principes qui nous permettrons de bâtir son savoir faire des bonnes pratiques en aides semencières.

 

Ce qui précède ne reflète peut être pas encore entièrement, les sentiments de tous les CdP, n’hésitez pas encore de vous exprimer, il nous reste encore 48 heures pour clôture notre débat.

Merci encore à tous et cordialement.

Roger Shongo

Expert en sécurité des systèmes semenciers et Modérateur de cette Communauté de pratique

 

De : La Communaute de pratique des Etudes sur la securite semenciere pour le Sahel [mailto:[log in to unmask]] De la part de Antonio Di Leonardo
Envoyé : jeudi 5 juin 2014 11:12
À : [log in to unmask]
Objet : Re: Discussion en ligne N. 1: Revue des études sur la sécurité semencière réalisées

 

Bonjour à tous,

Les observations de messieurs Traoré et Gondo, me semblent constituer le nœud des  questions que l’on doit se poser et auxquelles il est essentiel de répondre.

Par nature les opérations humanitaires sont la réaction à des situations de crises qui sont classiquement soudaines et qui demandent une réponse très rapide (dans l’urgence).On ne dispose habituellement, ni du temps ni des moyens financiers nécessaires à la conduite des évaluations approfondies indispensables à l’évaluation la situation, à la définition précise des besoins des populations affectées et des disponibilités de semences (types, quantités et localisation).

Les études sont souvent menées à postériori ou elles font parties de l’évaluation de l’impact de ou des opérations qui ont été exécutées. Certaines leçons peuvent en être tirées pour améliorer  de manière générale certains aspects des opérations humanitaires (d’urgence) ultérieures mais ne sont pas très utiles pour préparer la réponse à la nouvelle crise.

 L’une des questions fondamentales est de savoir comment parvenir à assurer une réserve de fonds suffisante et régulièrement alimenté pour qu’on puisse les débloquer assez tôt après une crise de manière à y formuler la réponse la mieux adaptée à une situation précise.

Cela s’adresse plus spécialement à la FAO. Elle est l’agence technique la mieux à même de conduire et de superviser ce type d’évaluation (présence dans les pays par la représentation, bonne connaissance historique du secteur semences et de la sécurité alimentaire, disposant des experts et des services techniques spécialisés…). Mais aussi, elle peut difficilement mobiliser les fonds nécessaires si, pour ce type d’opération elle dépend des financements de bailleurs.

 L’autre point qui me semble crucial est la disponibilité et cette question peut se décliner en plusieurs interrogations : 

1.     quel  est  le type de semences disponibles ?

o   des semences « certifiées » du système formel, des semences de variétés améliorées du système informel ou encore, du tout venant du système informel ;

o   les variétés sont-elles adaptées aux conditions et aux préférences des populations cibles ?

2.    comment se présentent les quantités disponibles ?

o   faibles volumes dispersés aux mains de petits producteurs ?

o   grosses quantités concentrées dans des magasins d’ « entreprises semencières »?

3.     où se trouvent les semences ?

o   proches de la zone affectée ou sur des sites plus éloignés

 

Les études rassemblées font état de plaintes des bénéficiaires (même dans le cas d’organisation de foires de semences) quant à la conformité des variétés obtenues  (longueur du cycle, goût…).

Face à ces situations, quand ces reproches sont formulés,  on est en droit de se demander si l’opération était justifiée (distributions ou foires…). Les besoins étaient indubitables mais la réponse a t-elle permis de les satisfaire ?

 Les foires aux semences sont souvent moins propices à ce type de critiques puisque les semences sont le plus souvent fournies par les producteurs ou commerçants de la région. Mais quelle est la réponse réelle qui a été apportée ? La marchandise est, dans la plupart des cas, une quantité de grains tout venant de variétés locales. Et si elle est disponible à proximité l’appui donné à travers quelques kilos de graines, était-il indispensable. Cela est vrai si les populations affectées ne pouvaient se permettre la dépense que constitue l’achat de ces graines.

 Lors de distributions, on procède généralement à des appels d’offres pour la fourniture de grandes quantités de semences que l’on appelle « certifiée ».

Il n’est pas toujours certain que les produits livrés puissent prétendre à ce qualificatif.

Comment dans des pays ou des régions « en crise » où l’industrie semencière est souvent très peu développée peut-on fournir de tels volumes sans en avoir planifier la production ?

 Ce que soulève M. Traoré est aussi très intéressant. Dans certains pays (même s’ils sont encore très rares) la production de semences se développe et le système formel peut ou pourrait répondre aux besoins engendrés par des crises (catastrophes).

Quand les bonnes semences de variétés améliorées sont déjà connues par les agriculteurs, leur diffusion dépend surtout de la disponibilité : la proximité géographique et le prix.

 

Je suis désolé, mais je ne connais pas la situation de l’industrie semencière au Burkina Faso. Telle que la décrit M. Traoré, je dirais qu’elle plutôt exceptionnelle. Le taux d’adoption des semences « certifiées » y semble particulièrement élevé même pour des autogames comme le riz et le niébé.

Mais s’agit-il du pourcentage des agriculteurs qui se procurent (achètent ?) des semences issues du secteurs formel ?

Pour le riz, je pense deviner les conditions : périmètres irrigués avec cultivateurs encadrés…qui obtiennent les semences produites sur des parcelles voisines qui y sont affectées. Mais cela  me semble extraordinaire pour le niébé.

 Je serais très intéressé à poursuivre la discussion avec M. Traoré, mais cela n’étant pas vraiment le sujet de ce forum, peut être pourrions-nous le faire en dehors avec ceux qui sont intéressés.

Antonio Di Leonardo
Projet Opérationnalisation de la filière semencière

 

 

Le 4 juin 2014 à 15:37, Traore, Souleymane (TCEO) a écrit :



Chers membres de la communauté des pratiques,

 

Merci pour vos contributions constructives et vos amendements. J’apprécie surtout la contribution de Mr Gondo du Tchad qui abonde dans le même sens que nous au Burkina Faso !

 

Ci-jointe donc la contribution du Burkina Faso sur la revue systématique des ESS.

 

Bonne réception et merci pour vos commentaires !

 

S. TRAORE

FAO/BURKINA

 

De : La Communaute de pratique des Etudes sur la securite semenciere pour le Sahel [mailto:[log in to unmask]] De la part de Shongo, Roger (FAOSN)
Envoyé : mercredi 21 mai 2014 08:44
À : [log in to unmask]
Objet : Discussion en ligne N. 1: Revue des études sur la sécurité semencière réalisées

 

Cher(e)  Collègue

 

Nous avons le plaisir de vous annoncer la première discussion en ligne de la Communauté de pratique (CdP) ESS pour le Sahel sur le thème:

«L’analyse des études sur la sécurité semencière réalisées au Sahel».

 

Plus de 25 études sur la sécurité semencière (ESS) ont été menées depuis 2006 dans le contexte d'urgence et de réhabilitation, sans qu’aucune évaluation de la qualité ni de l’impact de celles-ci n’ait été menée à ce jour. De ce fait, nous nous sommes accordé tous sur la nécessité de mener une analyse approfondie afin d’identifier les forces et les faiblesses et pour décrire les impacts concrets que ces études ont généré.

 

Le projet «Renforcement des capacités sur la sécurité alimentaire» a réalisé une analyse systématique des études effectuées à ce jour sur la sécurité semencière à l’issue de laquelle, une synthèse des Revues nationales ont été préparées respectivement pour le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad  que vous trouverez ci-joint. Cette Synthèse vise à déterminer pour les ESS:

 

        Leur qualité et leur impact dans le contexte d'urgence et de réhabilitation

        Leurs forces et leurs faiblesses

        L’appropriation des processus et des résultats

        Les mesures concrètes prises à la suite des ESS

 

è En tant que membre de cette Communauté de pratique, vous êtes invités à participer en envoyant vos commentaires et vos critiques sur le document en pièce jointe pour le pays dans lequel vous travaillez. Voici les questions spécifiques auxquelles vous êtes priés de répondre :

 

        Quels sont les aspects clés qui ont été évoqués par ce rapport qui peuvent contribuer à améliorer la façon dont vous travaillez?

        Quels sont les aspects qui font défaut?

        Sur la base des conclusions du Rapport, quelles leçons pouvons-nous tirer?

 

La discussion se déroulera à partir d'aujourd'hui, mardi 20 mai, jusqu'au 31 mai 2014.

 

Nous accordons une très grande importance à vos contributions qui nous aideront à enrichir le contenu des Revues  nationales. Les versions finales des Revues  nationales seront intégrées à une Revue régionale, qui sera un élément clé pour l'élaboration d'une nouvelle approche de mise en œuvre des ESS qui permettra d'améliorer la sécurité semencière de façon plus efficace.

 

Nous vous souhaitons une très fructueuse discussion.

 

Roger Shongo

Expert en sécurité des systèmes semenciers et Modérateur de cette Communauté de pratique

 

 

Instructions:

è Pour contribuer: traiter ce message comme un quelconque courriel: il suffit d'appuyer sur le bouton «Répondre», compiler votre contribution et cliquer sur «Envoyer».

è Cette discussion en ligne est modérée: toutes les contributions seront d'abord examinées par le modérateur de la CdP et, une fois approuvées, seront transmises à tous les membres de la CdP. Nous vous prions de patienter un jour pour que le modérateur puisse examiner le contenu de votre contribution.

è  Votre adhésion: nous apprécions grandement votre contribution ainsi que votre présence dans ce forum. Toutefois, si vous voulez vous désabonner et ne plus recevoir de messages de notre part, envoyez un courriel à [log in to unmask] en demandant votre désinscription.

 

Pour plus d’information sur les objectifs et les résultats attendus du projet, voir: http://www.fao.org/in-action/renforcement-des-capacites-pour-la-securite-alimentaire/.

 

 


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<CONTRIBUTION DU BURKINA FASO.doc>

 

 


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