Chers membres de la CdP,
J’ai beaucoup apprécié les observations très éclairées de Mr Antonio et les questions pertinentes posées dans son message. Je serais en effet ravi de poursuivre la conversation avec lui, même en dehors du groupe de discussion.
Pour ce qui est de l’industrie semencière du Burkina Faso, je loue encore à distance les efforts déployés par le Ministère de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire (MASA) grâce notamment au soutien technique et financier de la FAO : de nos jours un mécanisme harmonisé a été finalisé en fin 2013 sur la production, le stockage dans des magasins de regroupement répertoriés par l’Etat et sur le mode de distribution des semences. Le système formel au Burkina Faso est de mieux en mieux organisé et les brebis galeuses sont progressivement en train d’être éjectées du système. Les lieux de stockage des semences (magasins de regroupement) dans chaque localité sont connus des producteurs. En outre la FAO a mis en place 23 Boutiques d’Intrants chargées d’aider à rapprocher la semence des petits producteurs.
De nos jours au Burkina Faso en effet, pour le riz et le maïs, très peu de producteurs utilisent encore les semences traditionnelles : ce sont les semences améliorées qui sont utilisées : semences certifiées la première année et les 2 années suivantes ce sont encore soit des semences certifiées, soit des réutilisations(semences de qualité issues de la production des semences certifiées qui elles ne sont pas de la R2 car non suivies par le service national des semences mais qui sont de bonne qualité). Donc les pourcentage donnés concernent ceux en effet qui s’approvisionnent à partir du secteur formel sur lequel l’étude portait.
Merci encore à tous pour vos échanges enrichissants !
Bon week-end !
S TRAORE/FAO Burkina
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Tel (00226 74 32 15 62/70 76 54 38/76 62 58 85)
De : La Communaute de pratique des Etudes sur la securite semenciere pour le Sahel [mailto:[log in to unmask]] De la part de Antonio Di Leonardo
Envoyé : jeudi 5 juin 2014 10:12
À : [log in to unmask]
Objet : Re: Discussion en ligne N. 1: Revue des études sur la sécurité semencière réalisées
Bonjour à tous,
Les observations de messieurs Traoré et Gondo, me semblent constituer le nœud des questions que l’on doit se poser et auxquelles il est essentiel de répondre.
Par nature les opérations humanitaires sont la réaction à des situations de crises qui sont classiquement soudaines et qui demandent une réponse très rapide (dans l’urgence).On ne dispose habituellement, ni du temps ni des moyens financiers nécessaires à la conduite des évaluations approfondies indispensables à l’évaluation la situation, à la définition précise des besoins des populations affectées et des disponibilités de semences (types, quantités et localisation).
Les études sont souvent menées à postériori ou elles font parties de l’évaluation de l’impact de ou des opérations qui ont été exécutées. Certaines leçons peuvent en être tirées pour améliorer de manière générale certains aspects des opérations humanitaires (d’urgence) ultérieures mais ne sont pas très utiles pour préparer la réponse à la nouvelle crise.
L’une des questions fondamentales est de savoir comment parvenir à assurer une réserve de fonds suffisante et régulièrement alimenté pour qu’on puisse les débloquer assez tôt après une crise de manière à y formuler la réponse la mieux adaptée à une situation précise.
Cela s’adresse plus spécialement à la FAO. Elle est l’agence technique la mieux à même de conduire et de superviser ce type d’évaluation (présence dans les pays par la représentation, bonne connaissance historique du secteur semences et de la sécurité alimentaire, disposant des experts et des services techniques spécialisés…). Mais aussi, elle peut difficilement mobiliser les fonds nécessaires si, pour ce type d’opération elle dépend des financements de bailleurs.
L’autre point qui me semble crucial est la disponibilité et cette question peut se décliner en plusieurs interrogations :
1. quel est le type de semences disponibles ?
o des semences « certifiées » du système formel, des semences de variétés améliorées du système informel ou encore, du tout venant du système informel ;
o les variétés sont-elles adaptées aux conditions et aux préférences des populations cibles ?
2. comment se présentent les quantités disponibles ?
o faibles volumes dispersés aux mains de petits producteurs ?
o grosses quantités concentrées dans des magasins d’ « entreprises semencières »?
3. où se trouvent les semences ?
o proches de la zone affectée ou sur des sites plus éloignés
Les études rassemblées font état de plaintes des bénéficiaires (même dans le cas d’organisation de foires de semences) quant à la conformité des variétés obtenues (longueur du cycle, goût…).
Face à ces situations, quand ces reproches sont formulés, on est en droit de se demander si l’opération était justifiée (distributions ou foires…). Les besoins étaient indubitables mais la réponse a t-elle permis de les satisfaire ?
Les foires aux semences sont souvent moins propices à ce type de critiques puisque les semences sont le plus souvent fournies par les producteurs ou commerçants de la région. Mais quelle est la réponse réelle qui a été apportée ? La marchandise est, dans la plupart des cas, une quantité de grains tout venant de variétés locales. Et si elle est disponible à proximité l’appui donné à travers quelques kilos de graines, était-il indispensable. Cela est vrai si les populations affectées ne pouvaient se permettre la dépense que constitue l’achat de ces graines.
Lors de distributions, on procède généralement à des appels d’offres pour la fourniture de grandes quantités de semences que l’on appelle « certifiée ».
Il n’est pas toujours certain que les produits livrés puissent prétendre à ce qualificatif.
Comment dans des pays ou des régions « en crise » où l’industrie semencière est souvent très peu développée peut-on fournir de tels volumes sans en avoir planifier la production ?
Ce que soulève M. Traoré est aussi très intéressant. Dans certains pays (même s’ils sont encore très rares) la production de semences se développe et le système formel peut ou pourrait répondre aux besoins engendrés par des crises (catastrophes).
Quand les bonnes semences de variétés améliorées sont déjà connues par les agriculteurs, leur diffusion dépend surtout de la disponibilité : la proximité géographique et le prix.
Je suis désolé, mais je ne connais pas la situation de l’industrie semencière au Burkina Faso. Telle que la décrit M. Traoré, je dirais qu’elle plutôt exceptionnelle. Le taux d’adoption des semences « certifiées » y semble particulièrement élevé même pour des autogames comme le riz et le niébé.
Mais s’agit-il du pourcentage des agriculteurs qui se procurent (achètent ?) des semences issues du secteurs formel ?
Pour le riz, je pense deviner les conditions : périmètres irrigués avec cultivateurs encadrés…qui obtiennent les semences produites sur des parcelles voisines qui y sont affectées. Mais cela me semble extraordinaire pour le niébé.
Je serais très intéressé à poursuivre la discussion avec M. Traoré, mais cela n’étant pas vraiment le sujet de ce forum, peut être pourrions-nous le faire en dehors avec ceux qui sont intéressés.
Antonio Di Leonardo
Projet Opérationnalisation de la filière semencière
Le 4 juin 2014 à 15:37, Traore, Souleymane (TCEO) a écrit :
Chers membres de la communauté des pratiques,
Merci pour vos contributions constructives et vos amendements. J’apprécie surtout la contribution de Mr Gondo du Tchad qui abonde dans le même sens que nous au Burkina Faso !
Ci-jointe donc la contribution du Burkina Faso sur la revue systématique des ESS.
Bonne réception et merci pour vos commentaires !
De : La Communaute de pratique des Etudes sur la securite semenciere pour le Sahel [mailto:[log in to unmask]] De la part de Shongo, Roger (FAOSN)
Envoyé : mercredi 21 mai 2014 08:44
À : [log in to unmask]
Objet : Discussion en ligne N. 1: Revue des études sur la sécurité semencière réalisées
Cher(e) Collègue
Nous avons le plaisir de vous annoncer la première discussion en ligne de la Communauté de pratique (CdP) ESS pour le Sahel sur le thème:
«L’analyse des études sur la sécurité semencière réalisées au Sahel».
Plus de 25 études sur la sécurité semencière (ESS) ont été menées depuis 2006 dans le contexte d'urgence et de réhabilitation, sans qu’aucune évaluation de la qualité ni de l’impact de celles-ci n’ait été menée à ce jour. De ce fait, nous nous sommes accordé tous sur la nécessité de mener une analyse approfondie afin d’identifier les forces et les faiblesses et pour décrire les impacts concrets que ces études ont généré.
Le projet «Renforcement des capacités sur la sécurité alimentaire» a réalisé une analyse systématique des études effectuées à ce jour sur la sécurité semencière à l’issue de laquelle, une synthèse des Revues nationales ont été préparées respectivement pour le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad que vous trouverez ci-joint. Cette Synthèse vise à déterminer pour les ESS:
• Leur qualité et leur impact dans le contexte d'urgence et de réhabilitation
• Leurs forces et leurs faiblesses
• L’appropriation des processus et des résultats
• Les mesures concrètes prises à la suite des ESS
è En tant que membre de cette Communauté de pratique, vous êtes invités à participer en envoyant vos commentaires et vos critiques sur le document en pièce jointe pour le pays dans lequel vous travaillez. Voici les questions spécifiques auxquelles vous êtes priés de répondre :
• Quels sont les aspects clés qui ont été évoqués par ce rapport qui peuvent contribuer à améliorer la façon dont vous travaillez?
• Quels sont les aspects qui font défaut?
• Sur la base des conclusions du Rapport, quelles leçons pouvons-nous tirer?
La discussion se déroulera à partir d'aujourd'hui, mardi 20 mai, jusqu'au 31 mai 2014.
Nous accordons une très grande importance à vos contributions qui nous aideront à enrichir le contenu des Revues nationales. Les versions finales des Revues nationales seront intégrées à une Revue régionale, qui sera un élément clé pour l'élaboration d'une nouvelle approche de mise en œuvre des ESS qui permettra d'améliorer la sécurité semencière de façon plus efficace.
Nous vous souhaitons une très fructueuse discussion.
Roger Shongo
Expert en sécurité des systèmes semenciers et Modérateur de cette Communauté de pratique
Instructions:
è Pour contribuer: traiter ce message comme un quelconque courriel: il suffit d'appuyer sur le bouton «Répondre», compiler votre contribution et cliquer sur «Envoyer».
è Cette discussion en ligne est modérée: toutes les contributions seront d'abord examinées par le modérateur de la CdP et, une fois approuvées, seront transmises à tous les membres de la CdP. Nous vous prions de patienter un jour pour que le modérateur puisse examiner le contenu de votre contribution.
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Pour plus d’information sur les objectifs et les résultats attendus du projet, voir: http://www.fao.org/in-action/renforcement-des-capacites-pour-la-securite-alimentaire/.
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