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Stimuler la productivité agricole en Afrique grâce à l’utilisation durable des machinesUn nouveau cadre de travail de l’Union africaine et de la FAO vise également à créer de nouveaux emplois, tout en réduisant la dépendance au travail manuel 5 octobre 2018, Rome - La FAO et l'Union africaine ont lancé aujourd'hui un nouveau cadre de travail visant à améliorer l'efficacité agricole et à réduire la pénibilité des travaux afin d'aider les pays africains à développer des stratégies
de mécanisation agricole durable. L'ouvrage La mécanisation agricole durable : un cadre de travail pour l'Afrique (SAMA) est le fruit d'une série de discussions entre les différents
décideurs politiques des Etats membres de l'UA, de la Commission de l'UA, de la FAO et des autres partenaires clés. Elle donne un aperçu de l'histoire de la machinerie en Afrique et suggère la voie à suivre pour lutter contre les défis des agriculteurs et
créer de nouvelles opportunités afin de veiller au bon déroulement du processus de mécanisation. «Multiplier par deux la productivité agricole et éliminer la faim et la malnutrition en Afrique d'ici 2025 ne sera qu'un mirage à moins de donner à la mécanisation une importance capitale», a déclaré Mme Josefa Sacko, Commissionnaire de l'UA pour l'économie
rurale et l'agriculture, lors du lancement du cadre de travail à la FAO. Plus de trois quarts des agriculteurs en Afrique subsaharienne labourent principalement leurs terres à l'aide d'outils manuels, une pratique synonyme de faible productivité, particulièrement non attrayante pour la jeunesse et donc incompatible avec l'objectif
Faim Zéro. «Les fermiers africains devraient pouvoir utiliser des technologies agricoles plus modernes, à la fois numériques et mécaniques pour pouvoir stimuler le secteur agricole de manière durable», a indiqué Mme Maria Helena Semedo, Directrice générale adjointe
de la FAO. Le nouveau cadre de travail identifie 10 priorités à intégrer dans les plans nationaux des Etats membres de l'UA, allant de la nécessité d'avoir un approvisionnement stable de pièces détachées pour les machines jusqu'à des mécanismes de financement innovants
et à l'importance de collaborations régionales qui permettent des services de location transfrontaliers. Le cadre de travail suggère que les stratégies nationales de mécanisation devront prendre en compte des questions clés portant sur la durabilité, le genre, la jeunesse, la protection environnementale et ne pas oublier le principe fondamental selon lequel
l'agriculture doit être rentable. L'ouvrage met aussi l'accent sur le fait que ces stratégies devraient couvrir l'ensemble de la chaîne agroalimentaire, notamment la récolte, la manipulation, la transformation et la salubrité alimentaire, en prêtant attention aux pertes alimentaires et en
œuvrant à stimuler l'emploi rural et à renforcer les liens entre agriculteurs et consommateurs. Le passé, le présent et l'avenir Alors que les tracteurs sont utilisés pour préparer les terres de plus de 60 pour cent des terres cultivées en Asie, ce chiffre ne s'élève qu'à 5 pour cent pour ce qui est de l'Afrique subsaharienne. Par ailleurs, en dehors de l'Ethiopie, l'utilisation d'animaux de trait pour travailler la terre est un phénomène minime sur le reste du continent africain. Une situation qui s'explique par la présence de la mouche tsé-tsé, la plupart du travail est donc
réalisé manuellement. L'une des conséquences est que de nombreux agriculteurs africains s'orientent vers des techniques à faible rendement et préfèrent la culture sur brûlis.
Aujourd'hui, des machines plus petites et plus abordables, telles que des tracteurs à deux roues, sont disponibles, tandis que les services de location ayant recours à des technologies numériques se sont révélés populaires à travers le continent, soulignant
la manière dont le partage d'atouts capitaux peut être exploité pour se développer et accéder à des outils modernes. Que doit-on faire? Le cadre de travail indique que les initiatives transfrontalières - avec les commerçants, les réseaux de distribution et les conducteurs de tracteurs - peuvent faciliter l'utilisation de ces machines.
Une autre considération essentielle est la rentabilité agricole. La rentabilité agricole peut être favorisée en donnant aux marchés, aux crédits et aux régimes fonciers un rôle visible au sein des politiques de mécanisation. Le cadre de travail a été conçu
pour contribuer aux engagements pris dans le cadre de la Déclaration de Malabo de l'Union africaine
et du Programme 2063. Respecter ces engagements devra se faire avec l'aide du secteur privé, de manière intelligente face au climat, abordable et en tenant compte des petits agriculteurs. Sa mise en œuvre nécessitera des contributions significatives de la part des autres acteurs du domaine, dont font partie les institutions publiques et d'autres acteurs privés tels que l'Association européenne des constructeurs de machines agricoles (CEMA),
qui vient juste de renouveler son partenariat avec la FAO pour travailler sur des stratégies de mécanisation durable dans les pays en développement. La FAO et la stratégie de l'UA prennent note du fait que «le potentiel innovant de l'agriculture africaine est énorme» grâce notamment aux différentes technologies mobiles qui existent et à l'accès à l'information et aux services - et qu'il sera nécessaire
de renforcer le développement des capacités afin de pouvoir relever les défis associés à cet ambitieux projet. Pour ce faire, la FAO et le Centre international d'amélioration du maïs et du blé (CIMMYT) ont également publié un manuel de formation afin d'aider à mettre en place des réseaux efficaces permettant d'accéder aux services de mécanisation à petite échelle. |
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