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Les agents antimicrobiens, y compris les antibiotiques, ont sauvé des millions de vies, réduit considérablement la charge de morbidité des personnes et des animaux, amélioré la qualité de vie, contribué à l'amélioration de la production et de la sécurité
alimentaires, ainsi qu'à l'allongement de l'espérance de vie.
Toutefois, l'émergence et la propagation de la résistance aux antimicrobiens (RAM) compliquent la gestion de nombreuses maladies infectieuses. Elle met en péril la santé et le bien-être des animaux, de même que la production alimentaire. La RAM nuit également
au fonctionnement des systèmes de santé humaine, animale et végétale ainsi qu'aux économies.
En quoi consiste la résistance aux antimicrobiens (RAM)?
La RAM survient lorsque des micro-organismes tels que des bactéries, des champignons, des virus et des parasites mutent et deviennent résistants aux médicaments antimicrobiens, y compris les antibiotiques, auxquels ils étaient initialement sensibles. Ce
phénomène peut résulter de différents facteurs tels que l'utilisation inappropriée ou abusive d'antimicrobiens et l'exposition à des médicaments contrefaits. En outre, quand les agents antimicrobiens sont présents dans l'environnement à de faibles concentrations,
ils peuvent s'accumuler dans les populations humaines du fait d'une exposition à long terme à l'eau potable, aux aliments ou aux biens de consommation, avec des conséquences sanitaires inconnues.
Cliquez ici pour voir le cycle de propagation de la résistance aux antibiotiques entre l'homme, l'animal et l'environnement (en anglais).
L'ampleur et la complexité de la crise de la RAM et de la pollution antimicrobienne imposent une approche multisectorielle coordonnée et intégrée, fondée sur le principe Un monde, une santé, englobant les secteurs de la santé publique et animale, les secteurs
de la production agricole (cultures, forêts, pêche, aquaculture et élevage), ainsi que les aspects environnementaux et écosystémiques.
Au niveau régional africain, les membres de la Tripartite (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture - FAO, Organisation mondiale de la santé animale - OIE, et Organisation mondiale de la santé - OMS), ainsi que l'Union africaine
(Centre africain de contrôle et de prévention des maladies - CDC Afrique, Bureau interafricain des ressources animales de l'Union africaine - UA-BIRA) et les communautés économiques régionales (CER) travaillent main dans la main pour lutter contre la RAM dans
le cadre d'une approche continentale holistique « Un monde, une santé » .
Communiquer sur la RAM en Afrique
Alors que l'Afrique accélère ses interventions en matière de RAM, la communication est devenue une priorité essentielle de l'agenda. La première
Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques à l’échelle régionale 2019 a eu lieu au Kenya et a rassemblé toutes les parties prenantes régionales concernées par la RAM à Nairobi, instaurant un dialogue depuis la base jusqu'au niveau politique.
Afin de mieux communiquer les risques d'une utilisation excessive ou inappropriée des antimicrobiens et de souligner l'importance d'une participation proactive des parties prenantes à tous les niveaux, la FAO Afrique est heureuse de vous accueillir sur ce
forum en ligne pour échanger des idées et discuter de la manière d'améliorer les communications sur la RAM dans la région. Veuillez trouver ci-après les questions que nous souhaitons soumettre à votre attention. Nous espérons avec impatience recevoir vos contributions,
suggestions et idées à ce propos.
1.
En matière de communication, quel est le plus grand défi lié à la RAM et à l'utilisation inappropriée des antimicrobiens (UAM) en Afrique ?
2.
Quelle est la meilleure approche pour communiquer sur les autres antimicrobiens (antifongiques, antiparasitaires, antiviraux, pesticides), et sans se
limiter aux antibiotiques ? Comme les virus, les champignons et les parasites peuvent également résister aux médicaments couramment utilisés pour les traiter, et avoir un impact sur la santé et les systèmes alimentaires, comment communiquer sur ces questions
en plus des bactéries résistantes aux antibiotiques?
3.
Que pouvons-nous faire pour que le thème de la RAM soit plus souvent abordé dans les médias? Comment assurer la visibilité de la RAM par rapport à d'autres
« sujets sensibles »?
4.
Quels sont les canaux, méthodes ou mécanismes de communication les mieux adaptés et les plus susceptibles d'avoir un impact sur le terrain dans les pays
africains?
5.
Quel groupe de parties prenantes devrait, selon vous, être considéré comme prioritaire pour la diffusion de messages clés ciblés visant à sensibiliser
à l'utilisation inappropriée des antimicrobiens et à la RAM?
6.
Aux niveaux national, régional et continental, qui devrait, à votre avis, prendre la direction et la responsabilité des activités de sensibilisation et
de plaidoyer sur l'utilisation inappropriée des antimicrobiens et la RAM ?
Les résultats de cette discussion contribueront à éclairer la stratégie de communication et de plaidoyer sur la RAM en Afrique, qui est actuellement en préparation par le groupe tripartite régional (FAO, OIE, OMS) et l'Union africaine (Africa CDC et UA-IBAR).
Nous vous remercions de vos précieuses contributions et nous nous réjouissons d'intégrer vos points de vue dans la stratégie de communication régionale sur la RAM.
Scott Newman
Fonctionnaire principal chargé de la santé et de la production animales et
Secrétariat de la FAO au Groupe tripartite de coordination régionale Un monde, une santé, pour l'Afrique
Bureau régional de la FAO pour l'Afrique
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